Monsieur Voguet, Mesdames et messieurs,
Le premier enseignement de ce tour de scrutin du 9 mars dernier, c’est le recul important de la droite, sur Fontenay, dans le département du Val-de-Marne, et dans la France toute entière. C’est une véritable sanction infligée au gouvernement et à Nicolas SARKOZY. Ce rejet des réformes libérales est tel qu’il a contraint – rappelons-le – le Chef de l’Etat à se tenir en dehors de la campagne électorale, et les candidats de la droite, à effacer le plus possible leur soutien à Sarkozy. Notre objectif principal était de faire reculer la droite. L’objectif est atteint, et nous nous en félicitons.
A la forte poussée de la gauche, à Fontenay et dans bien d’autres endroits, se sont ajoutés les résultats importants obtenus par la LCR. Sur 200 listes présentées ou soutenues par la LCR à travers la France, 109 d’entre elles dépassent 5% et 29 sont au-dessus de 10%. A l’issue du 1er tour, nos listes obtiennent 71 élu-e-s.
A Fontenay, pour la première fois un élu « LCR 100 % à gauche » est amené à siéger au sein de ce Conseil municipal. C’est là sans doute le meilleur signe que désormais la gauche radicale et anticapitaliste représente un courant politique à part entière sur le territoire de notre ville.
Permettez-moi de revenir un instant sur cette campagne qui a animé notre ville au cours de ces dernières semaines. Et notamment, sur l’une des principales critiques adressées à notre liste, qui consistait à dire que nous serions les représentants d’une gauche qui refuse de prendre ses responsabilités.
Je profite donc de cette toute première prise de parole au sein de cette Assemblée pour rappeler QUEL EST notre sens des responsabilités.
Pour nous, la gauche qui prend ses responsabilités ce n’est pas celle qui permet l’adoption du Traité de Lisbonne, et qui enterre par un vote au Parlement le « NON » au Référendum de mai 2005, ce n’est pas celle qui se tait pendant que le gouvernement de Sarkozy s’en prend aux régimes spéciaux de retraite, pour mieux s’en prendre ensuite, comme il l’a annoncé, au régime général des retraites, ce n’est pas celle qui accueille avec bienveillance le rapport ATTALI et ses mesures libérales. Notre gauche, ce n’est pas celle qui est prête, du jour au lendemain, à gouverner de nouveau pour faire au pouvoir le contraire de ce pour quoi elle a été élue, comme nous l’a montré la triste expérience de la Gauche plurielle, entre 1997 et 2002. Enfin, nous ne nous reconnaissons pas dans cette gauche qui, de Grenoble à Aubagne, fait des alliances avec cet authentique parti de droite qu’est le MODEM de François Bayrou.
Notre gauche, c’est celle qui prend ses responsabilités avant tout en portant jusqu’au bout les aspirations et les revendications du mouvement social. C’est celle qui prend la responsabilité de porter ces revendications sur tous les fronts, sans jamais baisser les bras, dans la rue et les manifestations, pendant les grèves des salariés du public ou du privé qui se battent pour des augmentations de salaire ou contre les licenciements, pendant les luttes pour le droit au logement, jusque dans les médias lorsque ceux-ci nous accordent un temps de parole, et qui les porte aussi, lorsqu’elle en a la possibilité, dans les institutions.
Cette gauche en laquelle nous croyons, qui ne se résigne pas à l’acceptation du système capitaliste, cette gauche internationaliste, féministe et écologiste, est aujourd’hui suffisamment reconnue et écoutée pour se présenter aux élections sous ses propres couleurs. Et elle parvient, envers et contre tous, à se donner des élus 100 % à gauche pour être mieux représentée.
L’émergence de cette gauche clairement anticapitaliste, doit conduire chacun, dans cette assemblée, à s’interroger.
Ce que nous attendons de vous, Monsieur VOGUET, c’est désormais la reconnaissance de notre courant politique, et la garantie qu’il ne sera pas fait obstacle, tout au long de ce mandat, à notre droit d’expression.
Je tiens à saluer et à remercier les 873 électeurs Fontenaysiens qui ont porté leur voix sur notre liste. Je tiens aussi à remercier les nombreux encouragements et messages de soutien reçus de la part de militants et sympathisants de gauche qui, tout en votant pour la liste d’union de la gauche, nous ont confié leur souhait que notre liste fasse le meilleur score possible. Ces électeurs, vous le savez tous, ont fait un choix courageux, celui d’affirmer, dans un contexte de forte polarisation entre la gauche et la droite, qu’il est possible de s’opposer fermement aux politiques libérales, ne rien céder face à l’offensive actuelle du patronat, et défendre jusqu’au bout, dans la rue et dans les urnes, les droits et l’intérêt du plus grand nombre.
Je souhaite donc remplir mon mandat en m’efforçant de faire entendre leur voix, celle des salariés, des jeunes, des chômeurs, des sans-papiers, des sans-logis, des plus démunis. J’ajoute à cette liste, le personnel communal qui exprime de fortes attentes vis-à-vis de sa Municipalité. Je m’efforcerai de porter leurs revendications tout en étant conscient qu’il est des combats de portée nationale, et que tout ne peut pas se régler au niveau d’une commune. A plus forte raison dans une situation où les communes subissent de plein fouet les politiques gouvernementales de transfert de charge, sans transférer les moyens nécessaires.
Dans la continuité des mesures que nous avons défendues durant cette campagne, mon mandat sera celui de la défense du droit au logement pour tous, de la priorité aux services publics, de la remunicipalisation de l’eau, de la gratuité des transports, l’égalité des droits, aux côtés de toutes celles et ceux qui luttent pour une société plus juste et solidaire.
Pour les raisons citées précédemment, je souhaite exercer ce mandat en toute indépendance politique vis-à-vis de la majorité municipale. Cela n’exclut pas, évidemment, les combats communs avec d’autres forces politiques, syndicales ou associatives. Bien au contraire, c’est cette indépendance qui nous permet d’être de tous les combats, et qui nous pousse à rassembler tous ceux qui veulent changer cette société.
C’est la raison pour laquelle j’appuierai dans ce Conseil municipal les mesures qui iront dans le sens de l’intérêt de la population, des travailleurs et des couches populaires, et je m’opposerai à celles qui iront en sens contraire.
Je vous remercie.
